homosexualité

Revue de presse du 16 avril

Dans la presse égyptienne ces derniers jours :

– Un tribunal vient de confirmer l’expulsion d’un ressortissant libyen accusé d’être homosexuel, décision qui pourrait bien constituer un précédent. L’homme avait été arrêté en 2008 et expulsé, mais avait fait appel du verdict. L’appel vient d’être rejeté. Plusieurs experts droits de l’homme (Dalia Abd el-Hamid et Scott Long dans cet article, en anglais, de Mada Masr par exemple) s’inquiètent de différents éléments liés à cette décision : celle-ci n’a pas de fondement légal explicite ; elle renforce une xénophobie assez répandue au sein de la société, et encourage aussi une tendance à la délation et à la surveillance des pratiques privées ; elle pourrait servir de base pour expulser d’autres étrangers résidant en Égypte et considérés comme « gênants » par les autorités (l’accusation d’homosexualité a été utilisée pour tenter de discréditer certains militants égyptiens auprès de l’opinion publique, cette orientation restant relativement mal acceptée socialement). Pour rappel, la répression à l’encontre des homosexuels n’est pas nouvelle, voir cet article sur Orient XXI. (suite…)

Point sur la répression en Égypte ces derniers mois

Selon Michel Camau(1), l’autoritarisme consolidé « réunit deux caractéristiques apparemment contradictoires ». Premièrement, « il affiche une capacité et un niveau de répression sans commune mesure avec leur état antérieur ».  Deuxièmement, le régime marque simultanément « la distance avec le passé en se prévalant de l’État de droit, du pluralisme et de la démocratie ». Michel Camau explique que « la logique de justification de cette ambivalence est bien connue. C’est celle de l’état d’exception : prétendre à la sauvegarde d’un dispositif normatif de liberté en restreignant le champ d’application de ses procédures, au nom de la lutte contre ses ennemis putatifs ».

Il me semble que cette définition de l’autoritarisme consolidé correspond extrêmement bien au cas égyptien actuel : le régime se prévaut de la réforme démocratique et de la poursuite des objectifs de la révolution du 25 janvier 2011, mais la répression est à son plus haut niveau depuis longtemps. Le tout sous le thème de la guerre contre le terrorisme et l’islamisme, qui permet au passage de mettre au pas les récalcitrants de tout acabit.

Je tiens dans cet article à faire le point sur cette répression multi-facettes, tout en insistant sur la manière dont différents individus et groupes sociaux se font les relais de cette répression et de cette consolidation autoritaire, en actes et en paroles, et donc en dehors du schéma classique (et caricatural bien entendu) qui voudrait que l’autoritarisme se caractérise par un État et une société strictement opposés l’un à l’autre. (suite…)