Divers

Fermeture

Pour des raisons de temps, mais également parce que j’ai quitté l’Égypte il y a quelques mois, Actu Egypte n’est plus alimenté depuis juillet dernier. J’annonce par ce dernier post la fin officielle du blog, même s’il restera encore en ligne, pour archive.

Je tiens à remercier les nombreux lecteurs du blog qui m’ont fait part de leur enthousiasme et de leurs commentaires quant à ce projet. L’avant-dernier post contient un certain nombre de références qui permettront à ceux qui le souhaitent de continuer à suivre l’actualité égyptienne.

Si jamais l’un(e) d’entre vous avait la volonté, le temps et la ténacité nécessaires pour reprendre ce blog, je serais bien entendu ravie de passer le passer le flambeau.

Belle année 2016.

Mathilde

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Actu Égypte en vacances : où continuer à suivre l’actualité égyptienne ?

Actu Égypte étant en vacances pour quelques temps, nous vous proposons ainsi la série de liens ci-dessous si vous souhaiter continuer à suivre l’actualité égyptienne cet été :

1. Liens en anglais :

Beaucoup de journaux anglophones en ligne permettent de se tenir informé de l’actualité en Égypte. Actu Égypte vous recommande les suivants :

Mada Masr : journal indépendant et progressiste, MadaMasr propose des articles réguliers et des analyses intéressantes sur les événements égyptiens, aussi bien en matière de politique que d’économie et de culture.

Egypt Independent : version anglaise du journal Al-Masry Al-Youm. Vous y trouverez l’essentiel de l’actualité dans des articles plutôt factuels mais assez complets.

Daily News Egypt : journal en ligne indépendant qui couvre également l’essentiel de l’actualité.

Enfin, le magazine en ligne Jadaliyya vient de publier un dossier très riche sur l’Égypte deux ans après le coup d’État.

2. Liens en français :

Les journaux en ligne en français sont nettement moins nombreux, rarement spécialisés sur l’Égypte uniquement et souvent de moins bonne qualité. Actu Égypte recommande cependant les sites suivants :

Ahram Hebdo : journal égyptien en français, qui propose une couverture des événements principaux de l’actualité égyptienne.

Nouvelles d’Orient : ce blog, tenu par Alain Gresh propose des articles de qualité sur des problématiques diverses liées au Moyen-Orient, parmi lesquels quelques articles très intéressants sur l’Égypte.

Nouveau massacre au Caire avant un match de football

Entre 14 et 30 jeunes supporters du club de foot de Zamalek, âgés de de 17 à 23 ans, sont morts hier lors d’affrontements avec les forces de police au Stade des Forces armées. 14 morts est le chiffre annoncé officiellement par le Ministère de la Santé hier soir. Le groupe Ultras White Knights a publié hier soir la liste de noms de 22 jeunes hommes décédés. Des sources médicales évoquent entre 25 et 30 morts. Selon le bilan officiel, le nombre de blessés s’élève à 25.

Depuis le massacre de Port Saïd en février 2012 (72 morts lors d’affrontements avec la police à l’intérieur du stade de Port Saïd), les autorités égyptiennes ont imposé la fermeture des stades au public lors des matchs de football. Depuis trois mois, elles ont décidé de lever progressivement ces restrictions en autorisant l’entrée de 10000 spectateurs dans les stades principaux du Caire et d’Alexandrie, et 5000 dans ceux des autres villes. Les places pour le match d’hier étaient réparties entre 5000 tickets mis en vente et 5000 invitations. D’après cette source, Mortada Mansour, le Président du club de Zamalek, a décidé quelques jours avant le match de transformer les 5000 tickets en invitations. (suite…)

Bilan du 4ème anniversaire de la révolution du 25 janvier.

De nombreux groupes révolutionnaires avaient appelé à manifester contre le gouvernement. Le dimanche 25, les places Tahrir, el-Nahda et Raba’ el-Adaweya ont été fermées par les forces de sécurité pour empêcher tout rassemblement. La fermeture de la place Tahrir a une portée symbolique extrêmement forte puisque depuis 4 ans en Égypte qui prend la place prend le pouvoir. Le gouvernement, sans doute inquiet de voir Tahrir résonner à nouveau de slogans demandant la chute du régime militaire, a préféré empêcher l’accès à la place. Les images des soldats et des chars occupant les entrées de la place sont un symbole de plus de l’emprise de l’appareil sécuritaire sur l’ensemble du pays.

Egyptian army APCs block an entrance to Tahrir Square, Cairo, Jan. 25, 2015. Image: Khaled Elfiqi—EPA

(suite…)

Le retour des tribunaux militaires

Le texte en arabe de la nouvelle loi
Une nouvelle loi, pas encore publiée au journal officiel mais dont le texte (en arabe) est lisible sur l’image ci-dessus, s’apprête à être mise en ouvre en Egypte, et va toujours plus loin dans le sens du rétrécissement démocratique qui s’opère en Egypte depuis plusieurs mois.

Cette loi indique que toute atteinte à la sécurité et au fonctionnement des installations publiques, dorénavant placées sous protection de l’armée, sera jugée devant un tribunal militaire. Elle réouvre donc allègrement la porte au jugement de civils par les tribunaux militaires.

Bien que quelques exemples soient précisés quant à la nature de ces installations publiques (infrastructures liées au gaz, à l’électricité, gares…), le texte semble suffisamment vague pour permettre d’inclure dans ces structures les universités. Etant donné les nombreuses manifestations étudiantes et les  affrontements qui en découle entre forces de l’ordre et étudiants aux abords des universités, cette nouvelle loi pourrait conduire à l’arrestation d’étudiants et à leur jugement devant un tribunal militaire.

Confirmation de l’information dans un article en ligne du journal Shoroq http://www.shorouknews.com/mobile/news/view.aspx?cdate=28102014&id=b7555eb7-cb96-43e9-833a-56dc8b419d77. L’article contient en particulier les informations suivantes :

– la nouvelle loi a été promulguée hier par le Président de la République, et diverses sources officielles ont indiqué que cette loi vise à renforcer la sécurité des Egyptiens et à guarantir leur accès ininterrompu aux structures publiques, et s’inscrit dans la stratégie du gouvernement de lutte contre le terrorisme. Elle place un certain nombre de structures et infrastructures publiques sous la protection des forces armées, en coopération avec la police ;

– la loi ne devrait s’appliquer que pour une durée de deux ans ;

– le ministre de la justice Mahfouz Saber a confirmé que les universités rentrent effectivement dans le cadre de cette loi ;

– un grand nombre de juges ont salué la promulgation de cette nouvelle loi.

Autre article en anglais ici : http://www.washingtonpost.com/world/egypts-leader-grants-military-broad-powers-to-put-civilians-on-trial/2014/10/27/1a041db2-aa97-4f69-a619-0ec50994f167_story.html

L’Egypte en situation de guerre…

Poster diffusé par le groupe "Nous sommes le peuple égyptien"

Poster diffusé par le groupe « Nous sommes le peuple égyptien »

Je suis tombée aujourd’hui sur le poster ci-dessus diffusé par un groupe dont le nom est « Nous sommes le peuple égyptien » (https://twitter.com/e7naa2), qui évoque une série de consignes à suivre et de choses à éviter pour ne pas perturber le travail des forces armées et des autorités en Egypte.

Ce document me semble particulièrement représentatif de la situation politique et sociale ultra-polarisée qui prévaut actuellement en Egypte et que l’attentat du 24 octobre semble avoir encore renforcée. On est avec ou contre l’armée égyptienne. Ceux qui sont avec l’armée sont prêts à sacrifier les libertés publiques pour lui permettre d’agir en paix, car elle agit forcément dans les intérêts de la nation, et considèrent tous ceux qui ne sont pas prêts à faire de même comme des traîtres. L’emploi récurrent des termes « agents », « complot » et « cinquième colonne » par les autorités, certains medias ainsi qu’une frange importante de la population égyptienne souligne le degré de paranoïa qui règne dans le pays vis-à-vis de l’opposition séculaire, des frères musulmans et autres islamistes et de l’étranger pêle-mêle:

Ce poster dont je propose une traduction personnelle en français ci-dessous m’a rappelé en particulier la rhétorique toute nassérienne considérant les membres de l’opposition comme des traîtres à la patrie. En particulier (mais il y a bien d’autres références encore), un extrait du communiqué transmis par les Officiers Libres qui s’étaient emparés de l’Office de la Radiodiffusion au matin du 23 juillet 1952 :

« L’Egypte a traversé une période critique de son Histoire récente, marquée par la subornation, la corruption et l’instabilité. Tous ces facteurs se sont largement répercutés sur l’armée menant à sa défaite lors de la Guerre de Palestine. Quant à la période post-guerre, les éléments de la corruption se sont conjugués et les complots se sont noués contre l’armée (…) Je saisis l’occasion pour vous demander d’interdire à toute personne de commettre des actes de sabotage ou de violence, qui nuiront aux intérêts du pays. Tels actes seront punis le plus sévèrement possible et leurs auteurs subiront le même châtiment qu’un traître. L’armée remplira son rôle en collaboration avec la police. »

Voici la traduction (rapide) que je propose pour ce document :

« Nous sommes le peuple égyptien

L’Egypte est en situation de guerre, et nous demandons ainsi à tous :

1. La diffusion de toute déclaration négative d’agents ou de la cinquième colonne à propos de l’armée ou du pays est interdite.

2. La diffusion de toute information négative concernant les opérations militaires ou la situation des officiers et des soldats est interdite.

3. Les écrits négatifs qui mettent en doute ou insultent l’armée, ses dirigeants et les autorités sont interdits.

4. Il est interdit d’écrire sur ses difficultés psychologiques car cela peut servir les intérêts des agents.

5. Il ne doit être permis à personne de diffamer l’armée et les autorités. Ces personnes doivent être traitées immédiatement avec fermeté pour les empêcher de causer plus de tort et de transmettre ces propos à d’autres.

6. La diffusion de toute information concernant des opérations militaires, même en cas de certitude concernant la véracité de cette information, est absolument interdite. Il est nécessaire d’attendre la confirmation par une source officielle. Toute information ne doit pas être diffusée en temps de guerre.

A l’attention des soi-disant activistes et des djihadistes de Twitter:

Merci de ne pas commenter les mesures militaires et officielles que prennent les autorités dans le pays et de ne pas tenter de les critiquer. Si vous avez de meilleures suggestions concernant ce qui devrait être fait, vous pouvez les communiquer directement aux autorités militaires concernées ou vous taire et ne pas tenter de nous diviser ou d’entraver notre marche ».