Bilan du 4ème anniversaire de la révolution du 25 janvier.

De nombreux groupes révolutionnaires avaient appelé à manifester contre le gouvernement. Le dimanche 25, les places Tahrir, el-Nahda et Raba’ el-Adaweya ont été fermées par les forces de sécurité pour empêcher tout rassemblement. La fermeture de la place Tahrir a une portée symbolique extrêmement forte puisque depuis 4 ans en Égypte qui prend la place prend le pouvoir. Le gouvernement, sans doute inquiet de voir Tahrir résonner à nouveau de slogans demandant la chute du régime militaire, a préféré empêcher l’accès à la place. Les images des soldats et des chars occupant les entrées de la place sont un symbole de plus de l’emprise de l’appareil sécuritaire sur l’ensemble du pays.

Egyptian army APCs block an entrance to Tahrir Square, Cairo, Jan. 25, 2015. Image: Khaled Elfiqi—EPA

Le samedi 24, l’assistant du Ministre de l’Intérieur avait indiqué lors d’un interview téléphonique à la chaîne de télévision Al-Yom que « toutes les célébrations de la révolution du 25 janvier [étaient] repoussées sur décision du cabinet égyptien en signe de deuil après la mort du roi Abdallah d’Arabie Saoudite. » L’assistant avait ajouté que les manifestations étaient interdites, qu’elles soient pro ou anti-gouvernement.

Un peu plus tôt le 24, une militante d’une trentaine d’année, membre de l’Alliance Populaire Socialiste, Shayma El-Sabbagh, a été tuée lors d’une manifestations place Talaat Harb. Lors d’un rassemblement pacifique, les manifestants demandaient que soient jugés les responsables de la mort de manifestants lors de la révolution quatre ans plus tôt, et s’apprêtaient à déposer une gerbe sur la place pour commémorer le souvenir des martyrs de la révolution. D’après les examens menés par les experts médico-légaux, Shayma a été tué au tir de grenaille, à seulement deux mètres de distance. Plusieurs témoins de la scène indique qu’un policier est responsable du tir.

De petites manifestations sporadiques ont tout de même eu lieu, au Caire et dans d’autres grandes villes d’Égypte (notamment à Alexandrie). Le bilan est à cette heure d’au moins 18 morts, 45 blessés et plus de 400 personnes arrêtées. Les affrontements ont été particulièrement violents entre les manifestants et les forces de l’ordre du côté de Matarya, une banlieue populaire située près de l’aéroport, connue pour être un bastion des Frères musulmans. A Tahrir, les seuls manifestants autorisés à pénétrer les barrages de sécurité sont ceux qui scandent des slogans pro-régime et pro-armée. Certains manifestants de l’opposition rusent pour entrer, chantant eux aussi des refrains pro-régime, pour se mettre à demander la chute du régime une fois sur la place. Ils sont expulsés immédiatement et par la force.

D’après les forces de sécurité, deux terroristes auraient été tué alors qu’il tentaient de poser une bombe près de pylônes électriques dans le nord du pays, un autre homme aurait tué deux policiers en ouvrant le feu sur un checkpoint près des pyramides, et une bombe aurait blessé deux policiers à l’entrée du Club sportif du Caire.

Une reporter de la BBC, Orla Guerin, a écrit sur Twitter avoir été menacée de mort par les forces de police alors qu’elle couvrait les manifestations à Matareya/Ain Shams. Esther Meerman, autre journaliste, a été arrêtée à 16h le 25 dans une rue du centre-ville éloignée des manifestations alors qu’elle enregistrait une note sur son dictaphone. Accusée par la police de prendre des photos avec son dictaphone, elle a été finalement relâchée deux heures plus tard.

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