Revue de presse des 7/8/9 décembre

Ces derniers jours dans la presse égyptienne :

– aujourd’hui, 9 décembre, la fermeture des ambassades britannique et canadienne pour raison de sécurité fait la une de plusieurs journaux. Al Masry Al Youm titre ainsi « L’Occident joue avec les ambassades.. Et l’Égypte se tourne vers la Chine ». Selon le journal, les deux ambassades procèdent à une forme d’escalade et de chantage pour obtenir les mêmes privilèges sécuritaires que l’ambassade des États-Unis, tandis que le Ministère de l’Intérieur assure qu’aucune menace spécifique n’est actuellement dirigée contre elles. Al Yom Al Sabe3 parle de « chantage diplomatique contre l’Égypte », indiquant que les deux ambassades exigent la fermeture du quartier de Garden City où elles se situent et l’interdiction pour les voitures de se garer dans une zone de 30 mètres autour de leurs bâtiments. El-Watan titre également « la contagion de la fermeture des ambassades se propage ». Al-Ahram de son côté indique également que le Ministère de l’Intérieur a confirmé l’absence de menace sécuritaire réelle. En résumé, quel que soit le journal consulté, ces fermetures d’ambassade qui restent relativement inexpliquées suscite beaucoup de questionnement, mais également de la méfiance et une forme d’agressivité de la part des médias. Elle semble être vécue comme une nouvelle provocation des pays occidentaux contre les autorités actuelles, voire la « nation » égyptienne dans son ensemble. Des sources indiquent que ces fermetures sont liées à des menaces d’attaques de l’Etat Islamique (dont la branche en Egypte est le groupe Ansar Beit al-Maqdis).

– guerre contre le terrorisme : les journaux continuent de faire étalage des succès de l’armée en matière de lutte contre le terrorisme et en particulier contre le groupe Ansar Beit el-Maqdis (démantèlement de cellules, destruction de caches d’armes, arrestations et mort de terroristes

-l’affaire des « fuites » : le 4 décembre, des enregistrements audios de conversations téléphoniques entre des officiers des forces armées et des officiels de la justice et du gouvernement. Ces enregistrements datent d’après les événements du 3 juillet mais d’avant l’élection de Sissi à la présidence. Les conversations tournent autour du lieu de détention de Mohamed Morsi : d’après la loi, il est interdit de détenir un civil dans une caserne militaire. Les participants à la conversation suggère donc de trouver un lieu pouvant être accepté par es tribunaux comme centre de détention du Ministère de l’Intérieur. Le procureur indique que les avocats de Morsi ont posé des questions à ces sujets et qu’il craint qu’il ne tentent d’invalider le procès par ce biais. Les responsables auraient ensuite proposé de transformer une partie de la base navale d’Abou Qir afin d’en faire un centre de détention dépendant du Ministère et non plus seulement une base militaire, afin de correspondre à la loi. Selon les officiels du gouvernement, ces enregistrements sont un faux, diffusés par les Frères musulmans pour influencer les juges avant la reprise du procès Morsi. Sur la toile, nombreuses sont les questions à propos de ces fuites : qui a enregistré les conversations, ? Qui est à l’origine de la fuite ? Pourquoi maintenant ? Et à qui profite la fuite ?

– la police égyptienne a procédé  une opération de raid sur un établissement de bain au centre du Caire, suspecté d’être un lieu de rencontre homosexuel. 33 hommes ont été arrêtés, suspectés de « débauche » (c’est l’accusation qui est généralement utilisé contre les homosexuels, car il n’existe pas de loi condamnant l’homosexualité elle-même). Les arrestations, qui se sont déroulées de façon brutale et humiliante (les hommes ont été déshabillés et emmenés à moitié nus dans des camions de police) font beaucoup de bruit et suscitent l’indignation sur la toile, notamment contre la présentatrice de TV Mona El-Iraqi, du talk-show El-Mestakhabi sur la chaine privée Al-Qahera Wal Nas, qui a assisté à l’intervention et publié sur sa page Facebook des photos et des commentaires sensationnalistes.

– les débats autour du verdict Moubarak se poursuivent dans la presse. Il est notamment demandé qu’il soit rejugé pour corruption durant ses 30 années au pouvoir. Le journal El-Watan du 6 décembre indique que le juge ayant prononcé le verdict d’abandon des charges contre Moubarak a laissé de côté 46 chefs d’accusation, 107 témoignages et 51 preuves du dossier lors du procès. Par ailleurs, l' »Office des gains illicites » mène une enquête sur des détournements d’argent public par Moubarak et ses fils, afin de pouvoir envisager un pourvoi en justice.

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