Mois: octobre 2014

Revue de presse du 31 octobre

Aujourd’hui vendredi 31 octobre, les principales nouvelles dans la presse égyptienne sont les suivantes :

– renforcement des mesures de sécurité dans les universités : à l’Université du Caire, 10 étudiants ont été expulsés pour avoir participé à des actes de violence lors des manifestations de la semaine de rentrée, et le président a fait installé des caméras de sécurité pour pouvoir identifier les étudiants impliqués dans des dégradations ou des actes de violence afin de pouvoir les expulser. A l’Université d’Ain Shams, des personnels de sécurité contrôle les étudiants à l’entrée. A Helwan, des soldats ont été déployés autour de l’Université en prévision de manifestations d’étudiants Frères musulmans et des CRS.

– des activistes et des avocats lancent un guide légal pour les homosexuels en Égypte en réponse à la répression qui s’exerce sur eux depuis quelques temps (depuis 2013, plus de 90 personnes homosexuelles ont été jugées dans le acdre de la loi sur la « débauche »).

– le Forum des Organisations indépendantes pour les Droits de l’Homme, qui comprend 19 groupes, a invité le gouvernement égyptien à participer à une réunion pour discuter du rapport qu’il a publié récemment sur la situation des droits de l’homme en Égypte en vue de la revue périodique universelle du Conseil des Droits de l’Homme qui doit avoir lieu le 5 novembre. Le Forum a demandé au gouvernement de s’engager à mettre en oeuvre les recommandations du Forum, notamment en matière de respect des libertés publiques, avant le 5 novembre.

– l’Égypte est classée 112ème pays sur 189 par le nouveau rapport Doing Business de la Banque Mondiale (113ème l’année précédente).

– l’armée poursuit l’établissement de la zone-tampon entre Gaza et le Sinaï à Rafah et le déplacement des habitants. Le gouverneur du Nord-Sinaï a indiqué que chaque famille déplacée recevrait 900 livres égyptiennes (environ 90 euros) en guise d’aide pour payer un loyer ailleurs durant trois mois, pendant que les compensations pour la perte de leur maison seront calculées. A noter que les Etats-Unis ont approuvé la création de cette zone-tampon. L’armée se prépare également pour une lourde opération visant les extrémistes du Sinaï dans les jours qui viennent. De nombreux soldats sont arrivés de la capitale aujourd’hui.

– l’activiste Leila Seif tient un sit-in à la Cour Suprême pour protester contre la détention de son fils Alaa Abdel Fattah et de sa fille Sanaa Seif, eux-aussi activistes, et révolutionnaire de la première heure, arrêtés pour avoir manifesté devant le palais présidentiel fin juin dernier, dans le cadre de la loi controversée sur les manifestations. Mona Seif, autre fille de Leila Seif et également activiste, a rejoint sa mère, sachant que toutes deux sont en grève de la faim depuis 56 jours. Les forces de sécurité ont empêché d’autres personnes de les rejoindre. Il y a deux jours, elles ont décidé de pousser leur grève de la faim plus loin, refusant de boire de l’eau, après que Sanaa Seif a été condamnée à trois ans de prison et 10 000 livres d’amende. Quant à Alaa Abdel Fattah, il a été condamné in absentia dimanche avec 24 autres activistes pour les manifestations de juin à 15 ans de prison et 100 000 livres d’amendes. Il a été arrêté lundi mais à obtenu d’être rejugé lors d’un nouveau procès, qui aura lieu le 11 novembre.

– le ministère de l’intérieur a annoncé la suspension du projet de surveillance des réseaux sociaux Twitter et Facebook à la suite des nombreuses plaintes déposées par des associations pour les droits de l’homme et des citoyens auprès du tribunal administratif du Conseil d’Etat.

– le gouvernement a annoncé que la loi délimitant les nouvelles circonscriptions électorales sera promulguée dans un mois.

Le projet de loi sur les ONG

Peu de temps après l’élection de Sisi, le 18 juillet, le ministère égyptien des affaires sociales a publié une annonce dans le journal Al-Ahram demandant à toutes les entités civiles concernées de s’enregistrer comme ONG dans un délai de 45 jours, en vertu de la loi 84 de 2002. Cette loi oblige toutes les ONG à s’enregistrer auprès des autorités. Elle permet au gouvernement de surveiller de très près les activités des ONG, et d’imposer leur fermeture, de geler leurs avoirs et de confisquer leurs financements s’il estime que ces activités nuisent aux intérêts du pays. Les restrictions qu’elle impose ont conduit de fait plusieurs ONG droits de l’homme à s’enregistrer en tant que cabinet d’avocats ou petites compagnies privées.

Cette annonce s’inscrit dans le cadre des efforts visant à faire passer une nouvelle loi très répressive sur les associations, alors que la situation continue de se détériorer en matière de respect des droits de l’Homme, au vu notamment de la répression constante de la société civile, y compris des manifestants pacifiques et des défenseurs des droits de l’Homme.

Ainsi en août 2014, les autorités égyptiennes ont empêché l’entrée sur le territoire du directeur exécutif de Human Rights Watch venu présenter le rapport de l’organisation qualifiant de crime contre l’humanité la dispersion des sit-in des places Raba’ el Adaweya et El-Nahda en août 2013, lors de laquelle plusieurs centaines de partisans de Morsi ont été tués. En octobre, le Carter center a décidé de fermer son bureau égyptien du fait du climat délètère régnant dans le pays. De nombreux activistes défendant les droits de l’homme sont en prison, et en grève de la faim pour réclamer justice. A l’heure actuelle, la plupart des ONG ont suspendu leurs projets et leurs activités.

La deadline pour l’enregistrement auprès des autorités a été repoussée au 10 novembre 2014, sous la pression du Conseil Egyptien pour les Droits de l’Homme. Le 10 novembre devrait donc constituer un tournant majeur dans la mesure où les autorités pourront après cette date s’en prendre à toutes les ONG qui ne se seront pas enregistrées ou qui ne satisferont pas toutes les exigences de la loi 84/2002, et bientôt sans doute, de la nouvelle loi sur les associations.

Etant donné que cette date approche, voici quelques détails explicatifs concernant les principales dispositions de cette nouvelle loi qui devrait être mise en oeuvre rapidement après le 10 novembre.

L’article 4 du projet de loi précise que toutes les entités que le gouvernement considère comme des ONG devront faire une demande officielle d’enregistrement auprès des autorités. Les groupes qui n’auront pas fait cette demande pourraient voir leur licence révoquée et leurs biens saisis. Le gouvernement aura la possibilité de rejeter les demandes d’enregistrement.

Le projet de loi interdit aux associations enregistrées toute activité politique ou d’ordre syndical. Le projet fait de la participation à de telles activités un crime, pouvant être puni au minimum d’une année d’emprisonnement et d’une amende de 100 000 livres égyptiennes. Ces activités sont définies de façon très vague, par exemple « menacer l’unité nationale ou contrevenir à l’ordre public ou à la moralité », ce qui pourrait permettre faciler de bloquer l’enregistrement et les travail des associtions pour les droits de l’homme.

L’article 16 prévoit que les associations égyptiennes enregistrées ne pourront ni s’affilier à ni coopérer avec une association internationale. Les violations de cet article seront également considérées et punies comme un crime.

L’article 23 oblige les associations enregistrées à fournir un rapport annuel au gouvernement, incluant les détails financiers, les activités et les détails de l’organigramme et des procédures de prise de décision. Les autorités auront le droit de mettre un terme à toute activité et de révoquer toute décision, et de trainer le groupe en justice en cas de refus de respecter ces interdictions.

Les articles 24 à 41 définissent le statut juridique obligatoire que les associations enregistrées devront adopter. Aucune organisation ne pourra fonctionner sous un statut juridique différent de celui prévu par la loi.

L’article 18 maintient la disposition prévoyant une demande d’autorisation gouvernementale afin de pouvoir organiser des activités de collecte de fonds. En pratique, cette disposition et la lourde surveillance officielle des groupes travaillant pour les droits de l’homme a dissuadé les donneurs égyptiens, les groupes reposant essentiellement sur des soutiens étrangers. Les soutiens financiers  étrangers requièrent également une approbation du gouvernement en vertu de la loi 84 de 2002, sous peine de dissolution du groupe.

L’article 17 du projet de loi renforcerait en revanche cette disposition, puisqu’il prévoit de soumettre toute contribution financière étrangère à l’approbation d’un comité de coordination composé de divers représentants ministériels et de la banque centrale. Il n’est cependant pas précisé pour quelles raisons un financement pourrait être refusé.

A noter à ce propos, que le 23 septembre, le gouvernement a amendé l’article 78 du Code pénal à propos des financements étrangers indiquant que les individus et groupes recevant des financements étrangers utilisés pour « nuire aux intérêts du pays » (même formulation vague et large) pourront faire face à des peines d’emprisonnement à vie ou à la peine de mort si le crime est commis en temps de guerre ou à des fins terroristes.

La ministre de la solidarité sociale Ghada Wali a indiqué que le but de cette loi est de permettre une plus grande transparence quant au fonctionnement et au financement des ONG. Cependant les ONG locales et internationales, ainsi que plusieurs partis politiques dénoncent une attaque sévère contre la société civile et une mesure répressive visant à accroître la surveillance étatique vis-à-vis des organisations et à empêcher leur bon fonctionnement.

ترجمة بالعربي

http://altagreer.com/%D8%AA%D9%82%D8%A7%D8%B1%D9%8A%D8%B1/%D9%85%D8%B4%D8%B1%D9%88%D8%B9-%D9%82%D8%A7%D9%86%D9%88%D9%86-%D8%AD%D9%88%D9%84-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%86%D8%B8%D9%91%D9%85%D8%A7%D8%AA-%D8%BA%D9%8A%D8%B1-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%83%D9%88%D9%85%D9%8A

Dans la presse égyptienne du 30 octobre…

Aujourd’hui vendredi 30 octobre 2014, les principaux sujets relatifs aux affaires intérieures traités par la presse égyptienne sont les suivants (ce post sera alimenté au fil de la journée) :

– l’armée égyptienne a commencé à démolir des centaines de maison à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza, entrainant le déplacement de plusieurs milliers de personnes, dans une tentative déséspérée et désordonnée de créer une zone tampon pour mettre un terme à l’afflux de militants islamistes et d’armes dans la zone. L’ordre d’évacuer les lieux avait été donné mardi. Cette opération fait partie des mesures de réponse du gouvernement et de l’armée à l’attentat du 24 octobre. A noter que les autorités égyptiennes blâment régulièrement les militants du hamas palestinien pour les attaques qui se produisent dans le Sinaï, et ce depuis plusieurs années. Le point de passage de Rafah a d’ailleurs été fermé par les autorités dès le 25 octobre, pour une durée indéterminée. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses critiques sont adressées à cette opération, vue comme une non-solution, qui privilégie une fois de plus la logique sécuritaire sur les droits de l’homme et plusieurs photos de camions chargés de mobilier s’éloignant de la frontière circulent, de même que des photos montrant la démolition violente du quartier d’habitation évacué.

– les autorités de l’aéroport du Caire ont refusé l’entrée sur le territoire au directeur de l’Institut danois des droits de l’homme le 27 octobre.

– dans un interview à un journal saoudien, Sisi a répondu de façon très évasive à une question conernant ses éventuelles intentions de se présenter à un deuxième mandat, disant « l’Egypte est plus importante que le siège présidentielle et plus importante que la soif de pouvoir ». Il a profité de cette interview pour louer la jeunesse égyptienne qui s’implique en politique et dans la société, et conduit les changements et le destin de de l’Egypte, ignorant totalement cette autre jeunesse qui manifeste en Egypte depuis plusieurs semaines et se fait arrêter à l’intérieur même des universités.

– toujours pas de date fixée pour les élections parlementaires, troisième étape de la feuille de route qui avait été mise en place par l’armée le 3 juillet 2013 en vue d’organiser la transition. Le premier ministre a promis récemment qu’elles auraient lieu avant la fin de l’année, et une commission électorale a été formée pour prendre en charge les préparatifs législatifs et logistiques en vue des élections. Le premier ministre a aussi annoncé la formation du comité technique dont le rôle est de préparer une loi afin de redessiner les circonscriptions électorale. Sur la toile et dans les milieux politiques d’opposition, beaucoup expriment leurs craintes que les élections soient annulées au nom de la « guerre contre le terrorisme » et la nécessité de ne pas mettre l’accent sur des divisions inutiles en contexte de guerre. Les critiques et les moqueries fusent également quant aux nombreuses déclarations contradictoires des autorités quant à la tenue des élections.

– le premier ministre Mehleb a pris une décision officielle de mise en oeuvre l’arrêt du tribunal du Caire du 29 septembre 2014 interdisant les activités de l’alliance nationale de soutien à la légitimité (coalition soutenant le président déchu Mohammed Morsi) et interdisant également sa branche politique, le parti de l’Indépendance. http://www.almasryalyoum.com/news/details/558530

– le Ministère de l’Intérieur a publié une déclaration que les efforts de sécurité mis en oeuvre « contre les Frères musulmans et le terrorisme » dans les universités ont conduit à l’arrestation de 34 personnes mardi, pour « incitation à la violence ». Selon Human Rights Watch, 110 étudiants ont été arrêtés entre le début de l’année universitaire et le 14 octobre dnas plusieurs universités d’Egypte. L’Association pour la liberté de pensée et d’expression (AFTE) indique de son côté qu’au moins 230 étudiants ont été arrêtés depuis le début de l’année universitaire.

 

Plus d’infos :

http://www.nytimes.com/2014/10/30/world/middleeast/egypt-sinai-peninsula-gaza-buffer-zone.html?_r=0

http://gate.ahram.org.eg/NewsContent/13/54/552710/%D8%A3%D8%AE%D8%A8%D8%A7%D8%B1/%D9%85%D8%AD%D9%84%D9%8A%D8%A7%D8%AA/%D9%85%D8%B5%D8%B1-%D8%AA%D8%B1%D8%AD%D9%84-%D9%85%D8%AF%D9%8A%D8%B1-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B4%D8%B1%D9%88%D8%B9%D8%A7%D8%AA-%D8%A8%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B9%D9%87%D8%AF-%D8%A7%D9%84%D8%AF%D9%86%D9%85%D8%A7%D8%B1%D9%83%D9%8A-%D9%84%D8%AD%D9%82%D9%88%D9%82-%D8%A7%D9%84.aspx

http://www.24.ae/article/114229/%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%8A%D8%B3%D9%8A-%D9%85%D8%B5%D8%B1-%D8%A3%D9%83%D8%A8%D8%B1-%D9%85%D9%86-%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%B1%D8%B3%D9%8A-%D9%88%D8%A3%D8%B9%D8%B8%D9%85-%D9%85%D9%86-%D8%B4%D9%87%D9%88%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B1%D8%A6%D8%A7%D8%B3%D8%A9.aspx?utm_content=buffer94192&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

http://www.masralarabia.com/%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%8A%D8%A7%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%8A%D8%A7%D8%B3%D9%8A%D8%A9/395931-%D9%81%D9%8A-%D8%B8%D9%84-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%B1%D8%A8-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D8%A7%D9%84%D8%A5%D8%B1%D9%87%D8%A7%D8%A8-%D8%A7%D9%86%D8%AA%D8%AE%D8%A7%D8%A8%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%A8%D8%B1%D9%84%D9%85%D8%A7%D9%86-%D8%A8%D9%8A%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%A3%D8%AC%D9%8A%D9%84-%D9%88%D8%A7%D9%84%D8%A5%D9%84%D8%BA%D8%A7%D8%A1

Dans la presse égyptienne le 29 octobre…

Aujourd’hui jeudi 29 octobre 2014, les principaux sujets relatifs aux affaires intérieures traités par la presse égyptienne sont les suivants :

– la nouvelle loi sur les installations publiques. La presse donne des détails sur les conditions et les modalités d’application de la loi (voir mon article précédent dans lequel elles sont décrites). Sur les réseaux sociaux, les critiques concernant le caractère autoritaire de cette loi et sa contribution à la diminution des libertés publiques sont nombreuses. A noter que l’armée est intervenue sur le campus de l’université de Mansoura lors d’une manifestation d’étudiants affiliés aux ou proches des Frères musulmans.

– le terrorisme et la situation dans le Sinaï : l’armée se livre à des opérations de nettoyage du Sinaï en représailles de l’attentat du 24 octobre. Le bilan serait à ce jour de 5 morts et 10 terroristes arrêtés. Le journal Al Masry Al Youm parle d’un « combat décisif » de l’armée.

– la grève de la faim de plus d’une centaine de prisonniers, dont bon nombre de militants révolutionnaires de la première heure, qui se poursuit et s’étend maintenant même en dehors des prisons, pour réclamer leurs droits et protester contre la confiscation de leur révolution par le régime actuel. Pour plus d’informations sur ce sujet, consulter l’article suivant en français sur Orient XXI http://orientxxi.info/magazine/la-greve-de-la-faim-dernier,0736

Harcèlement sexuel en Egypte : quelle ampleur, quelles raisons et quelles mesures pour y mettre un terme ?

Le problème du harcèlement sexuel est de plus en plus évoqué dans les medias égyptiens et étrangers, alors que de nombreuses vidéos d’agressions tournent sur les réseaux sociaux. Le phénomène, d’une ampleur énorme, fait rage en Egypte, mais encore peu de mesures sont prises pour y remédier.

Une « épidémie »

Le harcèlement sexuel est un véritable fléau en Egypte. Le phénomène n’a pas attendu la révolution égyptienne du 25 janvier pour émerger : il était déjà largement présent dans la société, la différence aujourd’hui étant qu’il est nettement plus documenté. Les vidéos YouTube d’agressions dans les rues se sont multipliées, de même que les associations de lutte contre le harcèlement et le nombre de voix individuelles qui s’élèvent régulièrement au travers des médias pour dénoncer le phénomène. Difficile de savoir précisément si le harcèlement s’est accru après la révolution mais une chose est en revanche très claire, c’est l’étendue du phénomène, qui touche la majorité des femmes égyptiennes, quel que soit leur âge ou leur appartenance sociale. Selon une étude de l’ONU publiée en 2013, 99,3% des femmes interrogées ont déclaré être touchées par le harcèlement sexuel, tandis qu’un groupe d’organisations égyptiennes a documenté plus de 250 cas d’attaques contre des femmes, dont des viols, lors des manifestations qui ont eu lieu place Tahrir entre novembre 2012 et juillet 2013. Ces attaques sont souvent caractérisées par une violence inouïe et une technique bien rôdée des agresseurs, qui encerclent leur victime pour l’éloigner de son groupe et l’entrainent dans une ruelle à proximité de la place pour la déshabiller et la violer, parfois au moyen d’armes blanches. Au delà de ces attaques, le harcèlement prend aussi la forme de remarques quotidiennes, de regards insistants et objectivisants, de gestes obscènes ou d’attouchements, dans les espaces publics, les moyens de transport ou les lieux de travail. La Fédération Internationale des Droits de l’Homme et Human Rights Watch parlent même « d’épidémie de harcèlement sexuel ».

Quelles sont les raisons à l’ampleur du phénomène ?

Un certain nombre de raisons sont évoquées pour expliquer l’ampleur du phénomène mais il reste malgré tout difficile d’identifier précisément comment le degré actuel a pu être atteint.

Il semble que la diffusion des idées wahhabites en Egypte soit un facteur majeur de la dégradation de l’image de la femme dans la société et de l’augmentation du harcèlement. Cette diffusion est d’abord liée au retour de nombreux Egyptiens partis travailler dans les pays du Golfe, ce qui a entrainé une vague de conservatisme et de réislamisation dans les années 1970. Mais elle est aussi liée à la prolifération des chaines de télévision financées par les wahhabites depuis libéralisation de l’industrie télévisuelle entreprise sous le régime de Moubarak. Ces chaines diffusent notamment de nombreux talk-shows animés par des prédicateurs dont l’un des plus tristement célèbre est Mahmoud Ahmad Abdallah, surnommé Abou Islam, connu pour sa tendance à justifier les attouchements sexuels et les viols et à décrire les femmes comme des « diables » ou des « provocatrices » allant aux manifestations non pour protester mais « pour se faire violer ».

Une autre raison est l’importance de la frustration économique, notamment au sein de la jeunesse égyptienne, liée à un avenir bouché et à un taux de chômage très élevé. L’âge moyen du mariage est retardé du fait de la crise économique et de la difficulté pour les jeunes à trouver un logement et à parvenir à une situation sociale et économique stable. Cela nourrit une frustration sexuelle importante, renforcée par une consommation démesurée d’images pornographiques par le biais d’internet. Ces images contribuent à la dégradation de l’image des femmes, vues comme objets de plaisir seulement. Par ailleurs, du fait d’un discours public sur le sujet quasiment inexistant et de l’absence d’éducation sexuelle dans les écoles ou les universités, elle entraine une confusion totale des esprits sur le sens de la sexualité et sur les pratiques sexuelles. Ces frustrations conduisent certains hommes à déverser leur ressentiment et leur colère sur les femmes, socialement plus vulnérables, et considérées par beaucoup comme des êtres inférieurs.

Une loi du silence s’applique également aux victimes du harcèlement sexuel, qui font souvent face aux pressions des familles pour ne pas porter plainte, de peur de salir leur réputation. Cela repose en particulier sur l’idée que les femmes, et non les hommes, sont responsables de ce qui leur est arrivé, du fait d’un comportement incitatif ou inapproprié. Cette idée est si omniprésente qu’elle est intériorisée par les femmes elles-mêmes, tant et si bien que certaines gardent entièrement pour elle le harcèlement qu’elles peuvent subir. Une preuve de cette omniprésence se trouve notamment dans cette vidéo d’interviews de jeunes garçons et filles réalisée par Dignity Without Border https://www.youtube.com/watch?v=kuX78fgizRg.

Un début de prise en compte du problème par les autorités

Bien que l’Egypte ait ratifié les traités internationaux concernant les droits des femmes (avec certaines réserves), en particulier la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), peu de mesures sont réellement mises en place pour remédier au problème du harcèlement. Les nouvelles autorités égyptiennes ont cependant commencé à prendre quelques initiatives dont l’importance ne peut être négligée.

Tout d’abord, l’article 11 de la nouvelle constitution de 2014 indique que les femmes sont les égales des hommes et oblige l’Etat à protéger les femmes contre toute forme de violence.

Ensuite, une première étape vers la fin de l’impunité a été franchie le 4 juin 2014, avec l’approbation d’une loi criminalisant le harcèlement sexuel pour la première dans l’histoire de l’Egypte moderne. La loi a amendé l’article 306A du code pénal pour criminaliser le harcèlement prenant la forme de mots et de gestes déplacés. La loi prévoit une peine minimum de 6 mois d’emprisonnement et une amende de 3000 livres égyptiennes (environ 300 euros). Un autre amendement prévoit des peines plus sévères pour le cas où le harceleur est en position d’autorité par rapport à la victime, et pour le cas où le harcèlement serait perpétré par un groupe. Plusieurs harceleurs ont déjà été jugés dans le cadre de cette nouvelle loi et envoyés en prison. Malgré tout, plusieurs problèmes, notamment liés à la formation des policiers et des autorités pour traiter des cas de harcèlement sexuel et à la persistance de la loi du silence subsistent et empêchent une mise en œuvre absolument efficace de la loi.

Plus symbolique mais également important, le Président Sisi s’est lui-même engagé à mettre un terme au problème du harcèlement. Le 10 juin 2014, à la suite de l’agression terrible d’une jeune femme sur la place Tahrir lors des célébrations de la victoire électorale du nouveau Président, Sisi a rendu visite à la victime et s’est excusé, de même qu’il s’est excusé auprès de toutes les femmes égyptiennes soumises à des abus sexuels. Il a promis de mettre en œuvre des mesures plus sévères pour régler le problème. Cette déclaration forte constitue la première reconnaissance officielle du problème comme un problème public, impliquant les autorités du pays et l’action publique pour y remédier.

Un peu plus tard, un communiqué de la présidence a annoncé la formation d’un comité regroupant des représentants divers des autorités et de la population égyptienne afin de définir une stratégie nationale de lutte contre le harcèlement. Ce comité a été formé le 27 août par le premier ministre Mehleb et comprend des représentants des autorités religieuses, du Conseil National pour les Femmes, et différents ministres. Le comité a produit un plan de 12 mesures pour lutter contre le harcèlement, en particulier l’intensification des mesures de sécurité dans les espaces publics et la mise en place de programmes éducatifs et de campagnes de sensibilisation. Aucune des mesures prévues n’a cependant été mise en place jusqu’à aujourd’hui. La dernière mesure en date du gouvernement a été prise le 11 septembre 2014 par le Ministère de la Solidarité sociale et prévoit la modification du fonctionnement des centres d’accueil pour les femmes afin de leur permettre de fournir des aides sociales, médicales, légales et psychologiques aux victimes de harcèlement et de violence sexuelle.

Certaines initiatives officielles sur le plan local ont également commencé à être mises en oeuvre. En particulier, l’Université du Caire est devenue la première université égyptienne à se doter d’un règlement anti-harcèlement et de mesures permettant aux étudiants et aux professeurs de signaler des cas de harcèlement en toute sécurité.

Et s’ajoutent à cela toutes les initiatives émanant de la société civile mises en place par un nombre grandissant d’associations telles que Harassmap, Shoft Taharosh ou autre qui mènent de nombreuses campagnes de sensibilisation, publient des rapports régulièrement et fournissent aux victimes des soutiens légaux et psychologiques. Ces associations contribuent notamment peu à peu à briser la loi du silence et libérer la parole des victimes, et leur travail permettra peut-être de parvenir au changement radical des mentalités permettant de mettre un terme au phénomène du harcèlement.

Pour aller plus loin :

http://www.hrw.org/fr/news/2013/07/03/egypte-epidemie-de-violence-sexuelle

http://www.fidh.org/fr/maghreb-moyen-orient/egypte/15152-egypte-l-epidemie-de-violence-sexuelle-continue

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/25/harcelement-sexuel-la-onzieme-plaie-d-egypte_3166607_3224.html

http://orientxxi.info/magazine/harcelement-sexuel-une-plaie-de-l,0615

http://www.fidh.org/IMG/pdf/egypt_women_final_english.pdf

Le retour des tribunaux militaires

Le texte en arabe de la nouvelle loi
Une nouvelle loi, pas encore publiée au journal officiel mais dont le texte (en arabe) est lisible sur l’image ci-dessus, s’apprête à être mise en ouvre en Egypte, et va toujours plus loin dans le sens du rétrécissement démocratique qui s’opère en Egypte depuis plusieurs mois.

Cette loi indique que toute atteinte à la sécurité et au fonctionnement des installations publiques, dorénavant placées sous protection de l’armée, sera jugée devant un tribunal militaire. Elle réouvre donc allègrement la porte au jugement de civils par les tribunaux militaires.

Bien que quelques exemples soient précisés quant à la nature de ces installations publiques (infrastructures liées au gaz, à l’électricité, gares…), le texte semble suffisamment vague pour permettre d’inclure dans ces structures les universités. Etant donné les nombreuses manifestations étudiantes et les  affrontements qui en découle entre forces de l’ordre et étudiants aux abords des universités, cette nouvelle loi pourrait conduire à l’arrestation d’étudiants et à leur jugement devant un tribunal militaire.

Confirmation de l’information dans un article en ligne du journal Shoroq http://www.shorouknews.com/mobile/news/view.aspx?cdate=28102014&id=b7555eb7-cb96-43e9-833a-56dc8b419d77. L’article contient en particulier les informations suivantes :

– la nouvelle loi a été promulguée hier par le Président de la République, et diverses sources officielles ont indiqué que cette loi vise à renforcer la sécurité des Egyptiens et à guarantir leur accès ininterrompu aux structures publiques, et s’inscrit dans la stratégie du gouvernement de lutte contre le terrorisme. Elle place un certain nombre de structures et infrastructures publiques sous la protection des forces armées, en coopération avec la police ;

– la loi ne devrait s’appliquer que pour une durée de deux ans ;

– le ministre de la justice Mahfouz Saber a confirmé que les universités rentrent effectivement dans le cadre de cette loi ;

– un grand nombre de juges ont salué la promulgation de cette nouvelle loi.

Autre article en anglais ici : http://www.washingtonpost.com/world/egypts-leader-grants-military-broad-powers-to-put-civilians-on-trial/2014/10/27/1a041db2-aa97-4f69-a619-0ec50994f167_story.html

L’Egypte en situation de guerre…

Poster diffusé par le groupe "Nous sommes le peuple égyptien"

Poster diffusé par le groupe « Nous sommes le peuple égyptien »

Je suis tombée aujourd’hui sur le poster ci-dessus diffusé par un groupe dont le nom est « Nous sommes le peuple égyptien » (https://twitter.com/e7naa2), qui évoque une série de consignes à suivre et de choses à éviter pour ne pas perturber le travail des forces armées et des autorités en Egypte.

Ce document me semble particulièrement représentatif de la situation politique et sociale ultra-polarisée qui prévaut actuellement en Egypte et que l’attentat du 24 octobre semble avoir encore renforcée. On est avec ou contre l’armée égyptienne. Ceux qui sont avec l’armée sont prêts à sacrifier les libertés publiques pour lui permettre d’agir en paix, car elle agit forcément dans les intérêts de la nation, et considèrent tous ceux qui ne sont pas prêts à faire de même comme des traîtres. L’emploi récurrent des termes « agents », « complot » et « cinquième colonne » par les autorités, certains medias ainsi qu’une frange importante de la population égyptienne souligne le degré de paranoïa qui règne dans le pays vis-à-vis de l’opposition séculaire, des frères musulmans et autres islamistes et de l’étranger pêle-mêle:

Ce poster dont je propose une traduction personnelle en français ci-dessous m’a rappelé en particulier la rhétorique toute nassérienne considérant les membres de l’opposition comme des traîtres à la patrie. En particulier (mais il y a bien d’autres références encore), un extrait du communiqué transmis par les Officiers Libres qui s’étaient emparés de l’Office de la Radiodiffusion au matin du 23 juillet 1952 :

« L’Egypte a traversé une période critique de son Histoire récente, marquée par la subornation, la corruption et l’instabilité. Tous ces facteurs se sont largement répercutés sur l’armée menant à sa défaite lors de la Guerre de Palestine. Quant à la période post-guerre, les éléments de la corruption se sont conjugués et les complots se sont noués contre l’armée (…) Je saisis l’occasion pour vous demander d’interdire à toute personne de commettre des actes de sabotage ou de violence, qui nuiront aux intérêts du pays. Tels actes seront punis le plus sévèrement possible et leurs auteurs subiront le même châtiment qu’un traître. L’armée remplira son rôle en collaboration avec la police. »

Voici la traduction (rapide) que je propose pour ce document :

« Nous sommes le peuple égyptien

L’Egypte est en situation de guerre, et nous demandons ainsi à tous :

1. La diffusion de toute déclaration négative d’agents ou de la cinquième colonne à propos de l’armée ou du pays est interdite.

2. La diffusion de toute information négative concernant les opérations militaires ou la situation des officiers et des soldats est interdite.

3. Les écrits négatifs qui mettent en doute ou insultent l’armée, ses dirigeants et les autorités sont interdits.

4. Il est interdit d’écrire sur ses difficultés psychologiques car cela peut servir les intérêts des agents.

5. Il ne doit être permis à personne de diffamer l’armée et les autorités. Ces personnes doivent être traitées immédiatement avec fermeté pour les empêcher de causer plus de tort et de transmettre ces propos à d’autres.

6. La diffusion de toute information concernant des opérations militaires, même en cas de certitude concernant la véracité de cette information, est absolument interdite. Il est nécessaire d’attendre la confirmation par une source officielle. Toute information ne doit pas être diffusée en temps de guerre.

A l’attention des soi-disant activistes et des djihadistes de Twitter:

Merci de ne pas commenter les mesures militaires et officielles que prennent les autorités dans le pays et de ne pas tenter de les critiquer. Si vous avez de meilleures suggestions concernant ce qui devrait être fait, vous pouvez les communiquer directement aux autorités militaires concernées ou vous taire et ne pas tenter de nous diviser ou d’entraver notre marche ».

 

Point sur l’attentat du 24 octobre dans le Sinaï et ses retombées

Le vendredi 24 octobre, 30 personnes, essentiellement des soldats de l’armée égyptienne, ont été tuées et plus de 25 personnes blessées lors d’un attentat à la voiture piégée dans la zone de el-Kharouba au nord-ouest d’el-Arish. L’attaque visait deux véhicules blindés à proximité d’un checkpoint situé près d’installations de l’armée. Ces véhicules contenaient vraisemblablement des munitions et des armes lourdes, ce qui expliquerait la violence de l’explosion. Un responsable de l’armée dans le Sinaï a indiqué que des lances-roquettes auraient été utilisés par les attaquants après l’explosion, en particulier pour viser les secours. D’autres responsables n’ont cependant fait aucune mention de cet élément. Quelques heures plus tard, un homme a ouvert le feu sur un checkpoint à el-Arish, faisant trois morts parmi les membres des forces de sécurité présents.

Bien que l’attentat n’ait pas encore été officiellement revendiqué, il semble s’inscrire dans la suite d’une série d’autres attentats perpétrés par des groupes militants islamistes implantés dans le Sinaï, dont le plus tristement connu est actuellement Ansar Beit el-Maqdis. Ces groupes islamistes affrontent les forces de sécurité dans le Sinaï, région historiquement négligée par les autorités, depuis plus d’une dizaine d’années, mais la violence a connu un pic après la chute de Mohamed Morsi en juillet 2013. Certains militants ont décrits ces attaques comme des représailles à la forte représsion menées par les forces de l’ordre qui sévit en Egypte depuis un an, et qui a conduit entre autres à la mort et l’emprisonnement de plusieurs centaines de supporters de Morsi et d’islamistes. Cet attentat est le plus meurtrier de l’après-Morsi.

Mesures prises par les autorités en réponse à l’attaque :

Le samedi 25 octobre, l’Egypte a instauré l’état d’urgence pour trois mois au nord et au centre de la péninsule du Sinaï. Un couvre-feu de 5 heure du soir à 7 heure du matin a également été instauré dans la zone la plus sensible au nord.

Le 27 octobre, l’agence de presse égyptienne MENA a fait état d’attaques aériennes menées par les forces armées égyptiennes depuis un hélicoptère apache dans le Sinaï contre les perpétrateurs de ces attentats. Selon l’agence, deux des reponsables supposées de l’attentat auraient été tués lors de ces attaques. Le porte-parole officielle des forces armées n’a cependant pas confirmé l’information.

Réaction de la présidence de la république :

Le président Abdel Fattah el-Sisi a réagi à cette attaque en évoquant une menace terroriste menaçant l’existence de l’Egypte et condamnant une opération »financée par des fonds étranger ». Lors d’un discours avant les funérailles des soldats tués lors de l’attentat, il a en particulier insisté sur le fait que des puissances étrangères souhaitent faire courber le dos à l’Egypte et sur l’existence d’un « grand complot » contre l’Egypte et les Egyptiens. Il a promis de prendre des mesures drastiques pour lutter contre les groupes armées, appelant également les Egyptiens à rester vigilants et fidèles à l’armée et à la police.

Au delà de la rhétorique du complot et de la guerre contre le terrorisme largement utilisée ces derniers temps en Egypte, les réponses du Président à l’attaque du 24 octobre pourraient avoir des conséquences dangereuses pour les libertés publiques dans tous le pays, en particulier étant donné le rétrecissement démocratique dont le pays est témoin depuis quelques mois (répression, condamnation de militants progressistes et de journalistes, absence de date précise pour les élections parlementaires, menaces sur les ONG…).

Réaction des Frères Musulmans :

Dans un communiqué daté du 26 octobre, les Frères musulmans ont condamné ces attaques, qu’ils ont qualifiées de « massacres », et ont exprimé leurs condoléances aux familles des victimes. Ils ont également précisé qu’ils tiennent pour responsables de ces attaques les autorités et leur échec persistant dans les domaines sécuritaire, économique et sociale, échec s’avérant particulièrement flagrant dans la région du Sinaï.

Réactions diverses sur les réseaux sociaux :

Dans une Egypte assez fortement divisée politiquement, trois types de réactions à l’attaque peuvent être distingués sur les réseaux sociaux :

– les « pro-armé » font part de leur soutien à l’armée, et postent essentiellement des messages de deuil, de solidarité et de soutien à l’armée et au président Sisi ;

– les révolutionnaires anti-armée appellent le régime à assumer sa responsabilité politique liée au fait qu’il n’ait pas pu empêcher l’attentat, et dénoncent ces attaques comme le produit logique de la répression mise en oeuvre par les autorités ;

– du côté de l’opposition islamiste, on retrouve le même genre d’arguments et une condamnation forte de la répression et du rôle de l’armée (appelée la « junte militaire » dans les dits et écrits de la plupart des islamistes). Le « Front égyptien de libération » (front formé au début du mois d’octobre par diverses mouvances islamistes) a fait circuler un tract sur les réseaux sociaux qui fait état d’un compte à rebours de 91 jours demandant de mettre un terme aux tentatives de division de l’Egypte, au meurtre d’innocents, à l’exploitation et à la tromperie des soldats et à l’action nuisible de certains dirigeants de l’armée.

Références :

http://www.aljazeera.com/news/middleeast/2014/10/egypt-blames-foreign-hands-sinai-attacks-20141025212950330850.html

http://www.theguardian.com/world/2014/oct/25/egypt-declares-state-of-emergency-in-sinai-after-checkpoint-bombing

http://uk.reuters.com/article/2014/10/26/uk-egypt-brotherhood-idUKKBN0IF08B20141026?rpc=401